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Bib'n blog

Au royaume des êtres de légende, la licorne occupe une place de choix. Sans doute cette prépondérance trouve-t-elle son origine dans les divers symbolismes

Au royaume des êtres de légende, la licorne occupe une place de choix. Sans doute cette prépondérance trouve-t-elle son origine dans les divers symbolismes qui lui sont attachés et dans ses représentations nombreuses et constantes des créations artistiques. Peintres, écrivains et poètes ont chanté la licorne fabuleuse, emblème de pureté, associée la beauté dune jeune fille. Cette image a perduré au cours des siècles et les réponses iconographiques actuelles une interrogation sur Internet révèlent quel point ce mythe a gardé de sa puissance.

Cette figure fantastique, traditionnellement dénommée « la licorne » na rien de commun avec la représentation daucun animal connu, fût-il mythique. Il existe ainsi plusieurs figures quon peut classer parmi les « monstres » notamment Gabillou (Dordogne), Pech-Merle (Lot) et surtout Pergouset (Lot) […] La certitude de lexistence dun animal mythique serait particulièrement propre liquider cette tradition du folklore scientifique qui représente lartiste copiant plus ou moins bien les animaux comestibles quil comptait sérieusement afficher dans son prochain tableau de chasse. [L'art des cavernes]

La licorne apparaît dans les textes anciens sous la plume de Ctesias au quatrième siècle avant notre ère. Plus tard, dautres auteurs comme Aristote et Pline lancien aborderont également cette thématique. On trouve dans le texte de Ctesias la description classique qui servira aux représentations médiévales de lanimal légendaire :

Il y a dans lInde des ânes sauvages de la grandeur des chevaux, et même de plus grands encore. Ils ont le corps blanc, la tête couleur de pourpre, les yeux bleuâtres, une corne au front longue dune coudée. La partie inférieure de cette corne, en partant du front et en remontant jusqu deux palmes, est entièrement blanche ; celle du milieu est noire ; la supérieure est pourpre, dun beau rouge, et se termine en pointe. On en fait des vases boire. Ceux qui sen servent ne sont sujets ni aux convulsions, ni lépilepsie, ni être empoisonnés, pourvu quavant de prendre du poison, ou quaprès en avoir pris, ils boivent dans ces vases de leau, du vin, ou dune autre liqueur quelconque.

Pour les Grecs et les Romains, la licorne était considérée comme une bête féroce. Au début du Moyen Âge, par suite dune erreur de traduction, lanimal légendaire prend une autre symbolique, liée au Christ. Sa robe blanche facilite linterprétation de pureté. Le mythe évolue…
Omniprésente dans lart, comme par exemple dans la fameuse série des tapisseries connues sous le nom de Dame la Licorne, cet être de légende est aussi utilisé par les libraires imprimeurs pour distinguer leurs ouvrages. Cest le cas par exemple de

Jacques Kerverou

François Huby. Plus étonnante est la présence de la licorne dans des ouvrages scientifiques comme l

Histoire des animaux

n° 1916de notre fonds ancien de

Conrad Ges(s)nerdont nous avons déj parlé. Mais le développement des connaissances passe forcément par des interrogations et des suppositions parfois audacieuses. Difficile alors de démêler la réalité et la légende.

[…] les hommes passent près de la licorne sans la reconnaître, même si des signes évidents la leur désignent. Ils marchent enfermés dans leurs soucis futiles comme dans une tour sans fenêtres. Ils ne voient rien autour deux ni en eux. […] Foulques se retrouva dans la clairière quil navait plus traversée depuis lautomne. Son cheval de nouveau sarrêta. Foulques le sentit trembler entre ses cuisses. Il sut que ce nétait pas de fatigue. Il regarda devant lui, et cette fois vit la licorne. Elle était debout sous le cèdre et le regardait, brillante de toute la blancheur de la lune. Sa longue corne désignait le ciel par-dessus les arbres, et ses yeux bleus regardaient Foulques, comme les yeux dune femme, dune biche, et dun enfant.

Ces quelques lignes tirées du livre de René Barjavel, Les dames la licorne, correspondent assez bien limaginaire associé ce mythe lumineux entre tous. Dautres évocations se déclinent en littérature de Roger Zelazny avec Le signe de la licorne cycle des Prince dAmbre Harry Potter de Joanne Kathleen Rowling en passant par Tintin, héros de Hergé, dans Le secret de la licorne, ou encore lalbum Ambre, de Philippe Grémy, magnifiquement illustré par Thierry Chapeau. Sculptures, tapisseries, céramiques, peintures comme par exemple Les licornes de Gustave Moreau, toutes ces œuvres rendent hommage lune des plus belles et des plus anciennes créatures de légende…

Alya-Dyn

Nous remercions Hugues Morin de nous avoir autorisés utiliser une de ses photos réalisée en 2009 Ottawa. Vous pouvez découvrir son blog Lesprit vagabond.